Le rattrapage scolaire, toujours nécessaire cinq ans après le début de la pandémie
À quoi ressemble le rattrapage scolaire des élèves cinq ans après le début de la pandémie? Incursion dans un atelier d’aide aux devoirs, par l'entremise de la zoothérapie, un nouveau service offert par De Pas à Pattes et Coup de pouce scolaire à Rimouski. Dans les locaux de Pas à Pattes, un groupe de six jeunes interagissent avec les chiens pour apprendre les règles d’orthographe. En épelant correctement le mot Un groupe de six jeunes du primaire se rend dans les locaux de Pas à Pattes à Rimouski après l'école pour participer à une séance de zoothérapie en situation d'apprentissage. Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross C'est elle qui a eu l’idée de créer un nouveau service d’aide à l’élève devant une hausse de la demande. La propriétaire de l'entreprise De Pas à Pattes, Alicia Gagnon-Brillant, a eu l'idée de créer un nouveau programme de zoothérapie, alors qu'elle côtoie beaucoup d'élèves dans les écoles de la région.
Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross Les propriétaires de chiens qui le souhaitent peuvent aller faire garder leur animal de compagnie au centre canin et du même coup les faire participer aux ateliers d'aide aux devoirs. Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross Cette augmentation de la demande d’aide à l’élève est relevée par la fondatrice de Coup de pouce scolaire, Carole Houdet. Depuis 2020, elle comptabilise une hausse de 38 % du nombre d’élèves au primaire qui ont recours à ce service dans Rimouski-Neigette. La hausse est de 50 % pour les élèves au secondaire. Carole Houdet accompagne les élèves chez Pas à Pattes et assure le suivi des matières à apprendre auprès de chaque jeune. Elle est aux premières loges des besoins des élèves. Un jeune sur deux au secondaire utilise les services de Coup de pouce scolaire au moins une fois pendant l’année depuis la pandémie. Le président de l’Association des orthopédagogues du Québec, Mathieu Labine-Daigneault, croit que si les parents ont davantage recours au secteur privé pour des services d’aide à l’élève, c’est principalement pour deux raisons. La première est que les difficultés observées pendant la pandémie auprès de certains jeunes n’ont pas été réglées. La deuxième hypothèse est que les parents sont plus conscientisés par rapport aux besoins de leur enfant et des manières d’aller chercher les outils nécessaires. Des études tendent par ailleurs à démontrer les conséquences de la pandémie sur l’apprentissage des jeunes, quoiqu’il ne s’agit qu’un début du portrait. Par exemple, une étude publiée l’automne dernier révèle les résultats d’un test de lecture réalisé une première fois en 2019 et une seconde fois en 2021, auprès d’élèves en 4e année du primaire. Une diminution des résultats de 8,4 % a été observée, ainsi qu’une augmentation du taux d’échec de 10,8 %. Cette étude, parue dans la Revue canadienne de l’éducation, a été réalisée auprès de 13 669 élèves en 2019 et de 10 880 en 2021. L'école à la maison et les multiples retours en classe avec le port du masque et la distanciation sociale faisaient partie des mesures mises en place au Québec entre 2020 et 2022. Photo : Reuters / Remo Casilli Mathieu Labine-Daigneault soutient que ce n’est pas seulement l’ajout d’orthopédagogues dans les écoles qui permettrait de rattraper le retard dans les apprentissages scolaires. C’est plutôt la gestion des ressources humaines. Si on prend l’orthopédagogue pour l’envoyer en classe, elle n’est plus en train d’intervenir auprès des apprenants en difficulté. On apprenait d’ailleurs lundi dernier que le nombre de démissions dans les différentes écoles des centres de services scolaires (CSS) du Bas-Saint-Laurent est en augmentation depuis 2019. À titre indicatif, au Centre de services scolaire des Phares, le nombre de démissions a fait un bond de 130 % entre 2019 et 2023. Selon Mathieu Labine-Daigneault, le principe de précaution doit être adopté quant à l'utilisation des écrans par les jeunes, et ce, même dans un contexte d'apprentissage. Photo : getty images/istockphoto / vinnstock Depuis le début de Coup de pouce scolaire en 2011, Carole Houdet a remarqué un changement dans la façon d’apprendre des jeunes. La Commission parlementaire spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes se penche d’ailleurs sur cette question. Elle devrait déposer son rapport avant le 30 mai prochain.volant
, Charlotte peut alors donner une croquette à un des chiens présents.
L’activité en soi avec le partenaire canin devient le motivateur et le prétexte pour solliciter des aptitudes en lecture ou en écriture, développer des notions au niveau relationnel, développer des notions au niveau de la mémoire, des apprentissages
, énumère la propriétaire de l’entreprise Pas à Pattes, Alicia Gagnon-Brillant, interrompue en entrevue par des jappements derrière elle.
Nous, notre présence est très accrue dans les écoles de la région. On a repéré certains besoins, certaines difficultés. Et je me disais, mon doux que les enfants ont besoin de motivation scolaire!
, témoigne celle qui est également intervenante spécialisée en zoothérapie.
Parfois, les parents n’ont pas les suivis en orthopédagogie comme ils le souhaiteraient même si leur enfant a un plan d’intervention. Et parfois, [les élèves] n’ont pas assez de retard pour qu’ils soient mis sur la liste prioritaire. C’est pour ça que les parents m’appellent
, précise-t-elle.Du personnel spécialisé à la rescousse des élèves
Ça s’accumule, ça s'agrandit, ça continue d’être une problématique, alors là il y aurait une raison pour les parents d’aller consulter au privé.

En raison du manque de personnel enseignant, et ça bouge beaucoup, et il y a des départs. Tous ces mouvements-là font qu’on utilise l'orthopédagogue – à titre d'exemple – pour aller enseigner dans la classe.
L'exposition aux écrans : une autre épine dans le pied de l'élève

Malheureusement, je me suis rendu compte qu’avec la pandémie, il y a beaucoup d’enfants qui ont été vraiment exposés très longtemps aux écrans et que ça nuit à la concentration des jeunes.
Et on constate que parfois même dans les écoles, ils regardent les écrans dans différentes matières et que ce n’est pas forcément documenté, parfois c’est juste pendant leur collation
, poursuit-elle.
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